mardi 24 février 2009

Entrée libre au Peng Hao


Quoi de mieux, en guise de présentation de ce théâtre-café, que ces quelques lignes puisées directement au site http://chinacreativedirectory.com/?p=157
« Located on a long narrow alley behind the Central Academy of Drama, Peng Hao Theatre is one of the more inspiring additions to Beijing’s creative scene in a long time. Extremely close to Beijing’s hottest cultural area Nanluogu Xiang, the theatre has a comfortable coffee house and an extremely well-designed, adaptable performance space — perfect for a mix of musical events and workshops. »
Pour récapituler et informer les non-anglophones : situé derrière le Conservatoire d'art dramatique, pas loin du quartier culturellement hot de la ville, le Peng Hao est l'un des lieux des plus inspirés de la création pékinoise : un café confortable et une scène bien conçue.
Théâtre, music-hall, musique sont pour l'instant les trois cordes de l'arc de ses activités, avec une préférence marquée pour le théâtre mais il se peut que Dan-Dan, la délicate et sympatique hôtesse du lieu, ait d'autres projets en tête.



Dès que l'on pénètre dans le lieu, on s'y sent à l'aise et cool ; pour peu qu'on y mène une activité du genre atelier, on s'y sentirait presque comme chez soi.
Le Peng Hao, c'est la version Pékinoise de nos cafés et bars associatifs qui, en plus de leur vocation à désoiffer le quiddam, offrent une palette plus ou moins variée d'activités culturelles.
Ici c'est le théâtre qui est à l'honneur, un théâtre vivant et parfois même agité, un brin gore, mâtiné de music-hall, voire de cirque (voir la vidéo au site :
http://www.cityweekend.com.cn/beijing/articles/blogs-beijing/the-beat/trailer-for-dirty-dancing-live-show-thursday-night-at-peng-hao-theater/ ).
Face aux grandes scènes pékinoises qui accueillent des spectacles d'opéras chinois ou qui reçoivent des troupes étrangères renommées, c'est une alternative qui permet aux troupes locales de s'exprimer, de s'essayer, c'est l'affirmation d'une vie culturelle contemporaine, un des creusets de la création dans la ville.



Créé en octobre 2007 par Liang Dan Dan et Wang Xiang (les deux premières et dernières personnes du diaporama au-dessus), après la recherche sur près d'un an d'un endroit adapté à leur projet, le Peng Hao est une maison de hutong dont la cour a été aménagée en théâtre. Le diaporama ne vous montre pas tout mais, comme vous pouvez le constater, outre le bar et le théâtre, il y a également une terrasse et une pièce en haut où l'on peut se réunir, répéter.
Le premier spectacle qui s'est joué dans ce lieu est une pièce chorégraphique intitulée 8008 : 80 pour la génération des années 80, 08 pour les jeux olympiques qui, décidément, sont une date pour la Chine. Le thème en était les jeunes migrants venus à Pékin et elle était montée par le « Fan theater group », des chinois.
Une fois par an, le Peng Hao accueille aussi des spectacles de fin d'études des élèves du Conservatoire proche. La musique est présente aussi : un jeune français, Yohan, qui produit sous le label alternatif "Wang ba records", (http://virb.com/wbRec) y organise une soirée par mois.



Au départ le lieu était plutôt sino-chinois puis, avec l'arrivée de la rayonnante et énergique Anne Grace Carter aux manettes du workshop, il s'est internationalisé à peu près autant que peut l'être la ville : anglophones venus des USA -qu'ils soient d'origine chinoise ou non-, d'Angleterre, d'Australie, Français, Brésilien, Colombien, Italien... Evidemment il manque les Russes, les Africains... mais ce n'est sans doute qu'une question de temps.



Le lieu ne se loue pas, lorsqu'un spectacle s'y produit, un atelier s'y déroule, le Peng Hao se paye sur les consommations (à boire et à manger : pizza, pâtes...). C'est aussi le mode de fonctionnement de l'Obiwan, un autre lieu du même genre mais films et soirées reggae, étudiantes plutôt que théâtre.
Entre eux, ces lieux ont des relations, au Peng Hao Dan Dan et Xiang ont des accointances avec une ferme transformée en plusieurs théâtres vers Tian an men :le Xi dan.


L'un des projets pour le futur est de programmer des films sur le théâtre, et c'est tout ce qui fait le charme des lieux et de leurs créateurs : un centre d'intérêt bien ancré et une largeur de vues car on n'est pas ici enfermé dans une chapelle et les essais sont bienvenus.



Le lieu commence d'ailleurs à être connu, au dernier spectacle que j'y ai vu, un concours d'impro très amusant, la salle était comble.
Si vous avez envie d'en savoir plus, vous pouvez taper "Beijing Peng Hao" sur votre moteur de recherche favori, vous verrez des sites présentant d'autres aspects du lieu et des vidéos qui complèteront ce que je vous dis ici.

jeudi 19 février 2009

depuis hier il neige

Rien à rajouter... si ce n'est ces photos prises hier soir et ce matin sur le chemin du lycée










Si : ce soir le vent souffle, et le vent, il est froid et violent !!!

lundi 16 février 2009

Le jour de la fête des lanternes

Pour le quinzième et dernier jour de fiesta ininterrompue à Pékin sous prétexte de nouvel an chinois, ma collègue Sandrine (celle qui était, de dos, parmi les bouddahs, en septembre)et moi avons décidé que nous ferions un tour du côté de Qian men pour participer à la liesse populaire et nous extasier devant spectacles et festivités comme, par exemple, celui des lanternes s'élevant par milliers dans le ciel comme autant de promesses de bonheur.
On nous avait bien dit que c'était là que ça se passait l'envol des lanternes, à Qian men.
Et, en effet, là, ça passait pas mal, les gens allaient et venaient, deux par deux, en famille, en bandes de copains, copines : il y en avait partout et il y en avait beaucoup. Des cordons de police bloquaient même certaines rues pour éviter les encombrements maximum.
Il y avait les pétards aussi, et les feux d'artifice mais on était blasées après 14 soirs de feux et pétards au coin des rues, au pied des immeubles le soir venu et même dans la journée, mais de façon plus sporadique. On a raté l'incendie de l'une des tours de CCTV, on était pas au bon endroit. Les cordons de police non plus, d'ailleurs.
Pour le bain de foule c'était plutôt réussi donc, voire presque jusqu'à l'écrasement à un certain moment. Mais, outre aller et venir, se balader, acheter par-ci, par-là, les gens ne semblaient pas se diriger vers un endroit précis, pas de tréteaux réclamant leur public, de scène attirant le pékin, autrement dit lanternes volantes nulle part, marchands ambulants -ou sédentaires- partout.
Alors, on a pris une décision : nous sommes allées nous restaurer dans une gargotte superbe que Sandrine connaissait dans le coin.



Comme vous voyez, c'était animé et bien bruyant. Pour la petite histoire je pensais faire une photo mais j'étais sur "movie", donc j'ai continué comme j'ai pu.
Après avoir rectifié le mode de l'appareil, j'ai pris, dans ce même endroit, des photos d'ambiance, qui suivent.

A la télé qui trône entre les portes d'entrée, un spectacle d'opéra chinois,

Aux cuisines, un jeune travailleur qui aimerait sans doute se reposer un peu,

A quelques tables de nous une des jumelles n'a pas cessé de me faire la gueule.
Et je ne suis hélas pas arrivée à photographier la matrone chinoise (rebondie mais pas aussi épanouie qu'une italienne)qui régnait d'une main de fer sur tout ce petit monde.

Pendant ce temps là,en extérieur, les cuisiniers s'affairaient à la friture.






Ne dirait-on pas le Génie sorti de la poële ?
La prochaine fois, et j'espère dans pas trop longtemps, je vous prépare un article sur le Peng Hao, le café-théâtre où l'atelier Shakespeare s'était produit.

samedi 17 janvier 2009

Coucou me revoilà



Il m'est difficile en ce moment de trouver du temps pour arpenter la ville à la recherche de photos à faire pour ce blog et j'attends avec impatience le nouvel an chinois, le 25-26 janvier, pour voir la liesse que l'on m'a décrite, et même si une ombre terrible à cette joie en ce moment, Gaza, me pousse à fouiller dans tous les coins de la toile pour m'informer dans l'espérance d'une trêve, d'un arrêt du massacre.
Voici donc quelques photos prises un peu par-ci, par-là.
Le chat est le seul type de tag que je vois ici : des dessins faits à la main sur des objets poussiéreux, ici la fenêtre d'un bâtiment à l'abandon.



Ce camion est typique : on en voit pas mal qui sillonnent la ville, recyclage des cartons et plastiques que ramassent les pauvres pour les revendre à ceux qui traitent ces déchets en gros. Les déchetteries ici sont en pleine ville, il y en a dans de nombreux hutong.





Les tireurs de pousse-pousse sont ici au repos, vers la tour de la cloche. Ils dorment ou bien ils jouent au go.



Les installations électriques ici sont fascinantes de complexité, autant en intérieur qu'à l'extérieur et, quand il s'agit de les réparer c'est pas des équipes qui s'en occupent mais des armadas d'ouvriers. Le résultat est photogénique je trouve.

J'espère pouvoir vous faire un jour une sorte de reportage sur un sujet local mais, dès qu'il est question d'apparaître sur un blog, les gens rentrent dans leur coquille et s'y refusent. Mais je ne désespère pas.

PS : pour des infos non habituelles et des analyses intéressantes à lire de la situation internationale le site : http://www.contrinfos.infos est vraiment bien.
Et, figurez-vous que ma collègue randonneuse, pleine d'énergie et d'idées brillantes, a ouvert un net vibes avec la presse française et étrangère que je vous conseille pour faire un tour de la presse : http://www.netvibes.com/cdidulfip#Outils_de_recherche

vendredi 2 janvier 2009

promenade bis, les patineurs de Qianhai

Promenade par les lacs Houhai et Qianhai



En se balladant sur les bords des lacs Houhai et Qianhai (lac arrière et lac de devant), une promenade appréciée par les pékinois, on peut voir tout un tas de Beijinger's attitudes.
En ce moment la glace s'est installée sur les lacs pour le plus grand régal des Pékinois en dehors des joies que procure la barbapapa..

Les mamans font un petit tour sur le lac pour faire plaisir à leur enfant (unique : du sheng zi nu oblige, la loi sur l'enfant unique)



Les amoureux s'enhardissent


Etape 1, elle a du mal


Etape 2, elle a pris de l'assurance

Les photographes photographient des modèles (ou des copains photographient une copine)







Un homme qui comptait glisser sur son engin s'empêtre



Et dans Houhai on y nage, on y nage...





et on en sort (en forme)



Encore plus inattendu :un sauteur à la corde, un (unique lui aussi bien qu'il n'y ait pas de loi sur les sauteurs à la corde)



Pour les amateurs de classiques, les hockeyeurs. Au passage on remarquera que la nuit tombe, il est aux environs de cinq heures.

jeudi 1 janvier 2009

Passage à 2009



Hé oui, c'est pas le nouvel an chinois (qui se passera le 25 janvier cette année et sera sous le signe du boeuf, on en voit de plus en plus fleurir ci et là. C'est le nouvel an occidental et nous l'avons fêté avec, entre autres, quelques Chinois du groupe théâtre.
Pas de photos de la fête, seulement un bon souvenir, en particulier quand Caesar, Gloria, David, Janik et moi, confortablement installés dans les canapés, avons visionné (grâce à mon super vidéo-projecteur) "Stranger than paradise" de Jarmuch. Ce film de 83 ou 84 était pour eux une découverte. Pourtant c'est ici que Janik l'a acheté dans un magasin du quartier expat. On y trouve des coffrets d'auteurs ou thématiques à des prix défiant toute concurrence (et là on achète, les éditeurs devraient peut-être y réfléchir). Malheureusement, certains films (copies de copies) ont des défauts. Pour "Huo zhi" (Vivre) de Zhang Yimou j'ai dû m'acharner à le visionner en plusieurs fois : arrêt sur image à répétition, "Lady Jane" de Guédiguian qu'on m'a prêté n'a jamais pu passer au 8ème chapitre et ainsi de suite. Mais là, pour ce début 2009, Jarmuch a été cool avec nous, il ne nous a pas gâché la soirée et s'est laissé voir sans encombre et jusqu'au bout. OUF !


Au dessus, un coin de mon appart le lendemain de la fête (clean, n'est-ce pas ?)

Pour le deuxième soir de l'année, le soir du 01/01/2009, le "Café Solo" a ouvert ses portes pour une soirée poésie et musique.
Que croyez-vous que j'ai fait ? J'y suis allée, bien sûr ! Et en compagnie de Nigel, un anglais de Cambridge parlant français très bien et qui suit les cours de conversation en chinois avec moi. Un type fort sympatique et très ouvert, curieux de tout et adepte du jeu de paume ! Et oui, le jeu de paume existe encore, il est surtout pratiqué par des anglophones (Anglais, Américains, Australiens...) et plutôt par les membres de classes aisées. Il n'existe plus que trois écoles en France, pays d'origine du jeu, alors qu'à l'époque de la Révolution il y avait 900 écoles. Vous imaginez pareille désaffection pour le foot ? Ce serait rigolo !

Au café nous étions les seuls occidentaux (hormis un anglophone), on s'est laissé bercer par la prosodie chinoise, reconnaissant un mot par-ci, une expression par là, imaginant le propos tout en sachant bien qu'on ne le saisissait pas vraiment. Se faire bercer par la musicalité des mots, c'est un vrai plaisir... laisser les mots couler, flotter sur les sons, laisser son esprit aller au rythme de la langue. Oui, c'est le pied... en attendant la compréhension et sans désespérer.
Le premier musicien s'accompagnait de petites timbales épaisses et chantait a capella, c'était un tibétain. Après deux ou trois chants, il a fait une présentation de sa musique au terme de laquelle il s'est adressé à moi en me demandant si je comprenais, comme je lui ai répondu "mamahuhu" (couci-couça, un euphémisme), pas bête, il a tenu à ce qu'on nous traduise son propos. En substance, cette musique tendait à transformer "le flot de l'être en conscience". Je ne sais si l'opération aura lieu mais quand il chantait mon imaginaire allait bon train, m'amenant dans des lieux immenses, des hauteurs superbes. Il s'est également accompagné avec deux verres en cristal, vous imaginez les sons. Quant à sa voix, plus ténor que basse ou baryton, elle incitait au voyage.
D'autres musiciens ont suivi qui étaient plus dans une veine "folklorique" (dans le bon sens du terme, folk, musique populaire d'un lieu.
Les gens étaient très respectueux des artistes, ils les écoutaient et évitaient de parler fort; Bien sûr il y a eu quelques inévitables appels téléphoniques mais pas trop.
Certaines personnes, dont le patron du lieu, ont pris des vidéos, je me renseignerai pour savoir si elles passent sur youtube et vous le ferai savoir.
Il y a ici des cafés comme le "café solo" qui ont une programmation de spectacles, de films. Je commence à les explorer. J'aimerais vous faire une sorte de reportage sur ces lieux. On verra si j'y arrive.
Quelques photos quand même, mais qui n'ont aucun rapport : les petites peluches tout à fait en haut sont des exemples d'objets très prisés par ici, l'animal peluche fait fureur. Vous remarquerez que j'ai mis la plus belle vache au centre, par anticipation sur la future année du boeuf.

Et, ci-dessous, le groupe Shashibiya le 25 décembre chez Anna.


PS : je ne sais pas si vous avez remarqué mais, en cliquant dessus, vous pouvez agrandir la photo. Pour revenir au blog, vous revenez à la page précédente (en haut, à gauche)